jeudi 27 mai 2010

La semaine de la presse et le dessin de presse






Le racisme



Le dessin nous montre que quelle que soit la couleur de notre peau, on est tous pareils et égaux en droits. Si on regarde l’image, les zèbres sont pareils quels que soient les parents. Ils sont zébrés et se ressemblent en tout point. Maintenant, si on les remplace par toi ou moi, ce sera la même chose. On est tous nés sans décider de notre couleur de peau, et nous n’avons jamais choisi ce qu’on est. On est tous humains et égaux. Donc être raciste ne sert à rien puisque tout le monde est pareil. Que l’on soit blanc ou noir de peau, ce n’est pas la couleur qui compte, c’est ce que l’on est vraiment et ce que l’on peut donner de bien, pour le bonheur des personnes qui nous entourent.


Caroline Rey & Maéva Gaudry - 4ème A


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La guerre
Les Israéliens sont en guerre depuis plusieurs années contre les Palestiniens. Cette image dénonce le massacre des Palestiniens qui leur coûte beaucoup de vies. Les Israéliens, victimes des attentats des Palestiniens, décident de construire un mur de plus de 700 kilomètres pour construire une frontière infranchissable entre la Palestine et Israël.
La guerre ne sert à rien, car, d’une part, elle coûte beaucoup de vies et d’autre part, elle détruit l’entente entre deux pays voisins. Enfin, elle coûte beaucoup d’argent à l’Etat pour reconstruire le pays petit à petit.
Louis Dudez et Guillaume Layachi - 4ème A (Mermoz)









jeudi 13 mai 2010

Course contre la faim (collège Jean Mermoz)

La faim


Un bol de lait chaud
Pour le déjeuner du riche
Le souvenir de l’eau
Que le pauvre a bue il y a 3 jours
Trois œufs chauds
Pour le petit déjeuner du riche
Le souvenir du pain
Pour le déjeuner du pauvre
Après ce déjeuner complet
Le riche prend sa voiture
Après ses souvenirs
Le pauvre prend son âne
Pour aller devant son ordinateur
Pendant trois heures
Pour se casser le dos
Jusqu’à pas d’heure
Pour vivre pleinement
Et correctement
Pour des clous
Et c’est tout
De retour le riche va se coucher
Dans son lit douillet
De retour, le pauvre va se coucher
Sur sa paillasse défoncée.


de MOAL Joë




La faim

-La faim c'est quoi?
-C'est un petit cri d'enfant
Que l'on entend chaque matin
Et ce pour beaucoup d'humains
-La faute à qui?
La faute à quoi?
- A quoi? Aux intempéries
-Comment?
-Eh bien oui, sécheresse, inondations.
[d'un air songeur] -Sécheresse, inondations,
Ce ne serait pas ce que l'on connaît tous les étés?
-Si, mais chez eux les conséquences sont dramatiques.
-Et la Guerre, ça fait quoi, cela a-t-il un sens?
-Un sens, non, ce sont des conflits...
-Ils provoquent la faim?
-Oui, entre autre mais aussi beaucoup de malheur.
-Et nous là dedans, on fait quoi?
-Nous qu'est-ce-qu'on fait? c'est simple on gaspille.
[ d'un air dramatique] 1 milliard...
-1 milliard c'est quoi ?
-C'est simple, ce sont toutes ces personnes qui meurent de faim.
-Mais... Vous, vous en pensez quoi?





Barbara Mallet & Coralie Peyruseigt



Je connais la faim, je l'ai ressentie. Enfant, à la fin de la guerre, je suis avec ceux qui courent sur la route à côté des camions des Américains, je tends mes mains pour attraper les barrettes de chewing-gum, le chocolat, les paquets de pain que les soldats lancent à la volée. Enfant, j'ai une telle soif de gras que je bois l'huile des boîtes de sardines, je lèche avec délices la cuiller d'huile de foie de morue que ma grand-mère me donne pour me fortifier. J'ai un tel besoin de sel que je mange à pleines mains les cristaux de sel gris dans le bocal, à la cuisine.
Enfant, j'ai goûté pour la première fois au pain blanc. Ce n'est pas la miche du boulanger — ce pain-là, gris plutôt que bis, fait avec de la farine avariée et de la sciure de bois, a failli me tuer quand j'avais trois ans. C'est un pain carré, fait au moule avec de la farine de force, léger, odorant, à la mie aussi blanche que le papier sur lequel j'écris. Et à l'écrire, je sens l'eau à ma bouche, comme si le temps n'était pas passé et que j'étais directement relié à ma petite enfance. La tranche de pain fondant, nuageux, que j'enfonce dans ma bouche et à peine avalée j'en demande encore, encore, et si ma grand-mère ne le rangeait pas dans son armoire fermée à clef, je pourrais le finir en un instant, jusqu'à en être malade. Sans doute rien ne m'a pareillement satisfait, je n'ai rien goûté depuis qui a comblé à ce point ma faim, qui m'a à ce point rassasié.
Je mange le Spam américain. Longtemps après, je garde les boîtes de métal ouvertes à la clef, pour en faire des navires de guerre que je peins soigneusement en gris. La pâte rose qu'elles contiennent, frangée de gélatine, au goût légèrement savonneux, me remplit de bonheur. Son odeur de viande fraîche, la fine pellicule de graisse que le pâté laisse sur ma langue, qui tapisse le fond de ma gorge. Plus tard, pour les autres, pour ceux qui n'ont pas connu la faim, ce pâté doit être synonyme d'horreur, de nourriture pour les pauvres. Je l'ai retrouvé vingt-cinq ans plus tard au Mexique, au Belize, dans les boutiques de Chetumal, de Felipe Carrillo Puerto, d'Orange Walk. Cela s'appelle là-bas carne del diablo, viande du diable. Le même Spam dans sa boîte bleue ornée d'une image qui montre le pâté en tranches sur une feuille de salade.
Le lait Carnation aussi. Sans doute distribué dans les centres de la Croix-Rouge, de grandes boîtes cylindriques décorées de l'œillet carmin. Longtemps, pour moi, c'est la douceur même, la douceur et la richesse. Je puise la poudre blanche à pleines cuillerées que je lèche, à m'en étouffer. Là aussi, je puis parler de bonheur. Aucune crème, aucun gâteau, aucun dessert par la suite ne m'aura rendu plus heureux. C'est chaud, compact, à peine salé, cela crisse contre mes dents et les gencives, coule en liquide épais dans ma gorge.
Cette faim est en moi. Je ne peux pas l'oublier. Elle met une lumière aiguë qui m'empêche d'oublier mon enfance. Sans elle, sans doute n'aurais-je pas gardé mémoire de ce temps, de ces années si longues, à manquer de tout. Être heureux, c'est n'avoir pas à se souvenir. Ai-je été malheureux ? Je ne sais pas. Simplement je me souviens un jour de m'être réveillé, de connaître enfin l'émerveillement des sensations rassasiées. Ce pain trop blanc, trop doux, qui sent trop bon, cette huile de poisson qui coule dans ma gorge, ces cristaux de gros sel, ces cuillerées de lait en poudre qui forment une pâte au fond de ma bouche, contre ma langue, c'est quand je commence à vivre. Je sors des années grises, j'entre dans la lumière. Je suis libre. J'existe.
C'est d'une autre faim qu'il sera question dans l'histoire qui va suivre.

JMG LE CLEZIO, Ritournelle de la faim (prologue)






La grasse matinée


Il est terrible
le petit bruit de l'oeuf dur cassé sur un comptoir d'étain
il est terrible ce bruit
quand il remue dans la mémoire de l'homme qui a faim
elle est terrible aussi la tête de l'homme
la tête de l'homme qui a faim
quand il se regarde à six heures du matin
dans la glace du grand magasin
une tête couleur de poussière
ce n'est pas sa tête pourtant qu'il regarde
dans la vitrine de chez Potin
il s'en fout de sa tête l'homme
il n'y pense pas
il songe
il imagine une autre tête
une tête de veau par exemple
avec une sauce de vinaigre
ou une tête de n'importe quoi qui se mange
et il remue doucement la mâchoire
doucement
et il grince des dents doucement
car le monde se paye sa tête
et il ne peut rien contre ce monde
et il compte sur ses doigts un deux trois
un deux trois
cela fait trois jours qu'il n'a pas mangé
et il a beau se répéter depuis trois jours
Ça ne peut pas durer
ça dure
trois jours
trois nuits
sans manger
et derrière ce vitres
ces pâtés ces bouteilles ces conserves
poissons morts protégés par les boîtes
boîtes protégées par les vitres
vitres protégées par les flics
flics protégés par la crainte
que de barricades pour six malheureuses sardines..
Un peu plus loin le bistrot
café-crème et croissants chauds
l'homme titube
et dans l'intérieur de sa tête
un brouillard de mots
un brouillard de mots
sardines à manger
oeuf dur café-crème
café arrosé rhum
café-crème
café-crème
café-crime arrosé sang !...
Un homme très estimé dans son quartier
a été égorgé en plein jour
l'assassin le vagabond lui a volé
deux francs
soit un café arrosé
zéro franc soixante-dix
deux tartines beurrées
et vingt-cinq centimes pour le pourboire du garçon.
Jacques Prévert