samedi 7 décembre 2013

Lecture cursive 6ème F : L'Enfant Océan, de Jean Claude Mourlevat



Suite à la lecture du roman de Jean Claude Mourlevat, L'Enfant Océan, réécriture moderne du Petit Poucet, les élèves de 6ème F ont imaginé de nouveaux chapitres. En voici quelques uns (les derniers sont en cours de correction...). Bonne lecture.
 


Récit de Noah Reicrem, 43 ans, matelot.

C’ matin  quand on v’nait d’quitter le port, y’a l’officier d’pont qui m’a dit :
-« Eh Noah, tu vas pas me croire, y’a un gosse sur le bateau !
- Non, tu veux rire !
- Si, si je te jure, je l’ai vu ce matin. Il était assis en tailleur sur le pont, avec une couverture marron sur les épaules. Viens, j’vais t’le montrer ! »
Donc je l’ai suivi. Jean marchait vite. Quand j’ai vu le gosse sur le pont, il m’a fait des signes bizarres. C’était dingue à quelle vitesse il allait ! Il a dû voir que je comprenais rien car il a furtivement fouillé dans son sac et a sorti  une feuille de papier et un crayon. Le gosse a commencé à écrire quelque chose et à dessiner. Une minute plus tard, il nous a montré la feuille, le môme avait écrit :
- « Je m’appelle Yan Doutreleau, j’ai dix ans. »
Et puis le môme, il nous a fait un truc comme ça

 A mon avis, il était content de partir en bateau, avec nous. C’môme est donc resté là pendant notre long voyage. En plus, il était résistant l’gosse là ! Il pleurait  jamais, alors qu’on essorait de ces tempêtes ! Même notre bateau, le Croiseur Interstellaire qu’il s’appelle, était moins résistant. On a fait tout le voyage avec lui, aller-retour. Quand on est revenu au point de départ, tout l’équipage s’est mis à travailler : serpillère, chiffon... Moi  j’avais envie d’aller aux toilettes et quand je suis revenu, l’môme n’était plus là, il avait juste laissé une pancarte : « merci » avec un machin comme ça :


Noah 




VII (bis)

Récit de Pauline Huriss, vingt-six ans, professeur de latin.

            Ce jour-là, il était à peu près dix heures. Je venais de corriger les copies de mes élèves. Le dernier contrôle avait été mal réussi. Je rentrais fatiguée chez moi, et j’étais en train de longer le stade qui se trouve à quelques maisons de chez moi, et j’ai vu sept enfants qui couraient en plein milieu du stade et qui tombaient tous les cents mètres. C’était très drôle mais aussi bizarre : quel parent laisserait ses enfants se promener la nuit ? Moi quand j’ai des parents qui demandent à me voir, ils ont toujours l’air sérieux.

Pour ne pas me faire repérer, je suis partie dans les buissons. Deux minutes après, je suis sortie de ma cachette et j’ai cherché les enfants mais ils avaient disparu. Est ce que j’avais rêvé ? Je n’en suis pas sûre car depuis le temps que j’habite ici, il s’en est passé des choses ! Mes copies qui disparaissent, le chat de la voisine qui se retrouve sur le toit tous les lundis ou encore ce certain M. Heycken qui ose venir dans une demeure où une veille dame est morte il y a six mois… Mais là, je doutais vraiment. Pour en avoir le cœur net, je suis partie vers les gradins et c’est là que je les ai trouvés. Ils étaient gelés, collés les uns contre les autres. Alors, pour me faire repérer, j’ai toussé légèrement et ils se sont tournés vers moi avec un air interrogateur et apeuré. Donc, comme pour me faire pardonner, je les ai invités chez moi. Ils ne m’ont pas tout de suite répondu mais dans leurs yeux, j’ai vu qu’ils acquiesçaient. Alors je leur ai dit :

« -Venez chez moi, au chaud.  »

Et toute la petite troupe m’a suivie. Arrivée chez moi, je leur ai dit de s’asseoir sur le canapé et je leur ai donné à manger. Vers cinq heures, ils sont repartis et le plus grand m’a dit :

- Merci.  



                                                          Alice MULLER




Récit d’Alexandre, 14 ans, collégien



Rémy était mon meilleur ami dans la classe et dans la cour nous étions inséparables. Tous les soirs, il allait chercher son petit frère Yann à l’école. Il le prenait sur son dos puis ils rentraient tous seuls, j’aimais bien les accompagner. Un jour alors que j’attendais Rémy devant chez lui, j’ai entendu  sa mère crier. Je lui ai demandé ce qui se passait. Elle m’a répondu que Rémy et ses autres enfants avaient disparu. Je lui ai demandé comment et quand c’était arrivé. Elle était tellement paniquée qu’elle ne me répondait même pas.

Sur le chemin de l’école, je réfléchissais à pourquoi ils se seraient enfuis. En arrivant au collège, à l’appel du premier cours, le prof a appelé Rémy. Personne n’a répondu, j’ai dit au prof que Rémy et ses frères avaient disparu.

Au début, le prof ne m’a pas cru mais quand il a vu que j’étais sérieux et que j’avais l’air inquiet, il est allé à la vie scolaire. Quand il est arrivé, les personnes de la vie scolaire lui ont dit que la mère avait appelé et pour dire que ses enfants avaient disparu.

Mais heureusement, très vite, cela n’a été que du passé. Vingt jours plus tard, ils ont été retrouvés, vers Bordeaux, dans une maison de vacances. A ce qu’il parait, dans la maison de vacances, il n’y avait ni eau ni électricité.

Tout à repris son cours normal au collège, et pour longtemps.

 
 Jason




X   

Récit de Rosaly, vingt ans, journaliste

J’étais en train de faire un reportage sur le confort des trains, quand j’ai vu ce petit garçon en train de prendre de la nourriture dans les autres bagages. Le contrôleur était déjà passé dans le compartiment. Le petit était habillé avec des vêtements déchirés. Il était vraiment maigre, presque squelettique, alors je lui ai donné des pommes. Le train est arrivé à la gare, je suis descendue et j’ai senti la présence de quelqu’un derrière moi ; ce n’était pas un, deux, mais sept petits garçons. Les enfants m’ont demandé :
-         Mademoiselle, pourriez-vous nous accompagner à la plage s’il vous plaît ?
-         Non, désolé j’ai du travail mais vous pouvez passer me voir quand vous le voulez, je suis tous les jours dans le train Bisca-Bordeaux.   
    Alors, ils sont partis au bord de la route.
Et c’est la dernière fois que je les ai vus.
J’avais le sentiment que leurs parents n’avaient pas d’amour pour eux ! Des enfants aussi misérables ! Je me suis dit, que pour montrer au Monde entier  la misère de ces pauvres enfants, je ferais un reportage.  Puis je suis allée à mon bureau et j’ai entendu dire que sept enfants avaient disparu mystérieusement. La police menait l’enquête.     
  
  
Lucyle et Manon M.




Récit de Jean Holding, 41ans,

boulanger-pâtissier

C’était un soir, alors que je balayais, j’ai vu un petit enfant qui avait à peu près 4 ou 5 ans vu sa taille. Il semblait avoir très froid et je l’ai invité à me rejoindre. Il avait les mains gelées et ne parlait pas.

Il semblait avoir très faim alors je lui ai demandé s’il voulait venir avec moi manger une petite sucrerie. Il avait un sourire radieux et ses yeux brillaient. Il n’a même pas mangé la moitié du bonbon. Je suis allé chez moi à l’arrière de ma boutique pour allumer un feu. Tandis que je préparais un chocolat chaud, il se réchauffait les mains contre la cheminée. Après avoir bu son chocolat chaud, je l’ai emmené dans une chambre pour dormir. Le lendemain matin, je suis allé le réveiller et j’ai vu la fenêtre de sa chambre ouverte. J’ai couru dehors pour le retrouver. Personne. Il n’y avait personne qui lui ressemblait.

J’ai essayé de me rassurer en me disant qu’il avait retrouvé ses parents mais au fond de moi, je me demandais pourquoi il s’était enfui de chez moi. Deux semaines plus tard, j’ai aperçu un enfant qui me paraissait familier. Je lui demande ce qu’il veut commander, il ne me répond pas. Je me suis souvenu de cet enfant que j’avais vu deux semaines plus tôt et je l’ai pris dans mes bras, rassuré.

Pierre & Sofiane


  


Récit de  Kevin « la flèche »,

                                                35 ans, cambrioleur


En pleine nuit, j’avais décidé de cambrioler une villa sur la plage. J’ai crocheté la serrure d’une villa. Et sur la table, j’ai vu un magnifique chandelier en or massif. Sur la pointe des pieds, je suis allé le prendre et là, j’ai vu des couvertures par terre. Je suis allé observer de plus près et j’ai vu sept enfants qui dormaient par terre. J’ai pris le chandelier, et je suis sorti de la pièce.
Je suis ensuite allé dans une chambre. J’ai cherché partout dans l’armoire, derrière les rideaux, sous le lit. Et là, j’ai vu sous le lit une boîte fermée par un cadenas. J’ai coupé le cadenas à coups de tenaille. Dans la boîte, il y avait bien 10 000 € ! Je suis allé dans les autres chambres mais il n’y avait plus rien d’intéressant ; il n’y avait que des posters de stars. Je suis parti par là où j’étais venu.
Et en partant, j’ai vu deux hommes avec une perceuse devant le garage. Je m'en fichais un peu, j’avais eu ce que je voulais !


Henri
 

                            

             Récit de Grégoire Lagre, 32 ans, aviateur 



Alors que j’allais voler en Baron pour faire des essais, j’ai vu ce petit garçon avec ses frères très mal vêtus. Je voyais qu’ils se ressemblaient tous, sauf le plus petit. Ils se sont rapprochés de moi timidement. Je leur  ai demandé leur prénom. Au début ils n’ont pas osé me répondre.
J’ai insisté:
« - Pourquoi vous n’osez pas me dire vos prénoms ? »
Ils ne m’ont pas répondu. Je leur ai demandé s’ils voulaient manger et ils ont hoché la tête. Je suis parti voir dans le frigo du club. Après leur avoir donné la nourriture, je suis parti aux toilettes et quand je suis revenu, ils étaient partis. Je me suis dit qu’ils devaient rentrer chez eux.

Steve





                              

                      Récit d’Edgar, 10ans, ami de Yann

Après la disparition de Yann Doutreleau, j’ai décidé d’enquêter. Je suis allé rendre visite à ses parents chez eux. Une fois dans la maison, je suis allé dans sa chambre. J’ai pris une loupe et j’ai vu des empreintes de chaussures. Je suis sorti de la maison et elles m’ont emmené au bord d’une route mais là les empreintes ont disparu !! Sur la route, à coté des traces de chaussures, il y avait des traces de pneus de camion.
Je suis rentré chez moi, j’ai pris mon vélo et j’ai suivi les empreintes de pneu. Au bout d’un moment, les traces de pneus se sont arrêtées devant un commissariat. Les traces de chaussures partaient en direction de l’herbe. J’ai suivi les traces des chaussures et j’ai vu Yann et ses frères. Je leur ai demandé ce qu’ils faisaient là. Et ils m’ont répondu qu’ils fuguaient. Mais Yann m’a dit de ne rien dire et de garder le secret. Je suis rentré chez moi. Ma mère, très inquiète, était tellement heureuse de me revoir qu’elle ne m’a même pas demandé ce que j’avais fait et cela m’arrangeait.  


Alexis et Edgar


 

 Récit de Paul Windows, 29 ans, éboueur



Alors que mon camion s’approchait vers la gare, je me suis arrêté pour y entrer.
J’ai vu un garçon qui m’intriguait beaucoup. Je n’ai pu m’empêcher de le suivre.
L’enfant s’est dirigé vers la sortie. Il y avait plusieurs enfants derrière les poubelles de la gare.
Je me suis avancé pour leur demander :
« Que faites-vous ? »
Le plus grand s’est approché de moi.
« - Désolé monsieur mais vous n’auriez pas quelque chose à manger ?»
 Je lui ai donné la moitié de mon déjeuner, il m’a remercié puis il a pris le train.
J’ai vu que les poubelles étaient pleines, alors je suis remonté dans mon camion pour les vider. Je les ai déchargées dans l’incinérateur puis je suis rentré.                                

Alessandro & Eliot